Un lundi matin, coup de téléphone, c'était le commissaire. Il me mettait encore une affaire sur le dos. Un banquier français du nom d'Edouard Zimmerman s'était fait tuer dans sa chambre. Il me rappela comme à son habitude, qu'il fallait aussi que j'aille chez le psy des alcooliques anonymes pour ma énième tentative de désintoxication. Je suis
Jean-Pierre Castellineau, j'ai 57 ans et je suis enquêteur dans la brigade criminelle suisse romande. J'arrivai sur les lieux du crime, et trouvai le pauvre type, étendu en combinaison de latex noir. Encore un détraqué sadomasochiste me dis-je, pour qui le jeu, a visiblement bien mal tourné. Un crime courant dans cette Suisse financière où les hommes de pouvoir aiment se faire dominer par des maîtresses folles, sans limite et à la recherche d'esclaves riches et crédules. Ces dominatrices tuaient souvent par manque d'argent ou parce que leurs esclaves se rendaient compte qu'elles prenaient tout leur argent. Ces mantes religieuses étaient si féroces qu'on les appelait les golden-dominatrices. Cela pouvait aussi être un règlement de compte avec les cartels russes de la drogue. Mr Zimmerman était aussi connu pour sa fréquentation du monde de la nuit où il pratiquait activement le poker avec des gens influents du pays et pour les dettes colossales qu'il devait aux mafias russes. Me faufilant entre les experts de la police scientifique, je me dirigeai vers sa chambre. Vêtu de latex, encagoulé en noir, il était là sur ses draps de lit de satin noirs menotté aux jambes et aux bras. Il fut dévêtu par notre expert en médecine médico-légale, monsieur Brunet, qui constata et confirma notre thèse de la mort par une balle de 9mm tirée par un Walther de type PPK, une arme courante souvent utilisée par la mafia russe. Il présentait aussi de multiple mutilations sûrement causées par des coups de fouets et des coups de pieds. Je pris ma gourde de rhum et en bus d'un seul trait car cette affaire me donnait un sacré mal de crâne. Les tableaux d'hommes torturés et humiliés par des femmes m'entouraient. Dans une armoire se trouvaient de multiples fouets de différentes caractéristiques, des piqués, des longs à grandes lanières...
Bref, ce gars là devait vraiment être un taré. J'en avais trop vu dans cette chambre. Je me dirigeai vers son bureau, un lieu plutôt normal pour un banquier, des tableaux de Monet et de Van Gogh couvraient les murs. Un bureau de type ministre trônait au milieu de la pièce recouvert par de nombreux dossiers avec des noms évocateurs: Gazprom, Crédit Lyonnais, Vivendi... Autant de dossiers qui parlaient des grands scandales de la finance. Mais seul celui de Gazprom attira ma vue, ce dossier maudit d'une super société gazière qui était controlée par la mafia russe. Une société qui dirigeait l'Europe de l'énergie. J'ouvris le dossier et épluchai les comptes, de nombreux fonds allaient du compte de gazprom sur celui d'Edouard Zimmerman. Ma piste mafieuse se confirmait au fil des pages et des dépots de fonds énormes. Le poker lui faisait dépenser beaucoup d'argent et la mafia lui prêtait beaucoup d'argent pour assouvir sa passion du jeu. J'appelai madame Perolti, notre expert en informatique pour qu'elle analyse le disque. Elle se mit immédiatement au travail. Pendant ce temps, je m'étais mis en recherche d'un coffre fort que je trouvais derrière un Rembrandt. Un coup de whisky et c'était parti pour une séance d'ouverture forcée. Trois minutes plus tard, après mes manipulations expertes, le coffre s'ouvrit et je pus enfin regarder son contenu. Vide, ce coffre était vide! Mais oui bien sûr, la mafia a déjà tout pris. Aucun doute, la mafia était passée par là et avait tué monsieur Zimmerman car elle en avait marre des dettes de jeu impayées du banquier. Les dettes s'accumulaient et à un moment il ne pouvait plus rembourser la moindre petite noix de pécan. La mafia l'avait tué et l'avait pris l'argent du coffre pour se rembourser. Mais tout à coup, madame Perrolti m'appela « Monsieur Castelinneau, Venez voir. » Je me hâtai vers ma collègue et vis un nombre d'e-mail affolant remplis de photos qui mettaient en scène monsieur Zimmerman et sa maîtresse une certaine Elisabeth d'Avignon. Je la vis le maltraiter dans tous les sens. Immédiatement, je la fis convoquer au commissariat où elle me fit des aveux poignants:
« Bonjour madame d'Avignon, je suis Jean-pierre Castelinneau et j'enquête sur la mort de monsieur Zimmerman.
- Je sais pourquoi je suis ici ,dit elle
- Donc vous le savez, on a découvert dans l'ordinateur de monsieur Zimmerman des messages électroniques contenant des photographies vous mettant en scène avec ce monsieur dans des relations sadomasochistes.
- Ha ? Vous les avez trouvées ? Monsieur Zimmerman était mon esclave de jeu sexuel. Lui et moi étions liés par les liens esclave/maîtresse. J'en étais très fière. Il était très docile. Mais hier, après être rentrée chez lui, et l'avoir obligé à se mettre nu et à mettre sa combinaison, il s'est mis à crier qu'il ne voulait plus avoir de relation avec moi. Croyant à une mutinerie, je l'ai frappé violemment avec le fouet à longues lanières. Quand il fut calme sur le lit, je l'ai attaché avec des menottes et je me suis assise sur sa tête. Mais cet empoté se débattait et cela m'énerva alors je le frappais de plus en plus fort. A un moment, j'ai arrêté de le frapper et je me suis mise à lui demander ce qui n'allait pas. Il ne répondait plus de manière normale (comme je lui avais appris à faire en disant maitresse à la fin de chaque phrase). Il me disais qu'il ne m'aimait plus et qu'il voulait que notre relation se termine. Excédée par ses propos, je le frappai de plus belle et lui urinai dessus. Ensuite, je sortis mon 9 millimètres, et je lui tirai une balle dans le dos. Je suis ensuite partie en courant choquée d'avoir tué ma plus belle création.
- Vous confirmez les faits que vous venez d'énoncer?
- Oui me dit elle en pleurant.
- Bien veuillez signer votre déposition. Pendant ce temps là, j'appelle le procureur. »
Elle signa sa déposition couverte de larmes et mes collègues l'emmenèrent en détention comme me l'avait dit le procureur. Sale affaire. j'arrivai en retard chez le psychiatre. Il a dit que mon alcoolisme était en guérison. Une affaire immonde résolue et mon alcoolisme guéri. Que demander de mieux?
5ème prix de nouvelle du pinier neuf avec cette merde